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MADAGASCAR PND 2015-2019 : + 10% de croissance en 2017 ?

Données sur le financement du Programme National de Développement (cf. lien PDF)

/PND et axes de développement /
D’après les sources disponibles base 2012, le PIB courant de Madagascar est estimé à 9,975 milliards USD en 2012 (source : Banque Mondiale) soit un PIB par habitant évalué à 486 USD (INSTAT, 2011) et à 980 USD en PPA – parité en pouvoir d’achat (Unicef 2010), pour une population estimée a 22 millions en 2012.
Pour donner une idée de la croissance à deux vitesses de l’économie malgache actuelle, les chiffres officiels indiquent un taux de croissance de 3,1% pour 2013, dont 2,4% « hors secteur minier » : le secteur minier contribuant à 0,7% du taux de croissance du PIB concerne notamment les 2 grands projets d’extraction d’ilménite (QMM- fort Dauphin) et de nickel et cobalt (SHERRITT- Ambatovy), tandis que les autres secteurs sont l’agriculture et branches connexes, les branches exportatrices comme les zones franches textiles et le secteur tourisme.

Tablant sur des taux de croissance de 5% en 2015, 7% en 2016 et plus de 10% à partir de 2017, le Plan National de Développement (PND) envisage la construction d’un « Madagascar fort, une Nation moderne et prospère », suivant les 5 axes ci-après :
Axe 1 : « Gouvernance, Etat de Droit, Sécurité, Décentralisation, Démocratie, Solidarité nationale ».
Axe 2 : « Préservation de la stabilité macroéconomique et appui au développement ».
Axe 3 . « Croissance inclusive et ancrage territorial du développement »
Axe 4 : « Capital humain adéquat au processus de développement »
Axe 5 : « Valorisation du Capital naturel et renforcement de la résilience aux risques de catastrophes ».

/PND 2015-2019= le financement ?/
D’après les chiffres communiqués à la presse pour le financement du PND sur la période 2015-2019, on trouve les montants prévisionnels -ci-après, formulés en équivalents millions USD (base 2014):
a) Dépenses du secteur public = 34 691 MILLIARDS ARIARY, soit l’équivalent de 14 372 millions USD
a.1) dont PIP (investissements publics) = équivalant 8 204 millions USD
a.2) dont dépenses courantes de l’Administration (y.c. salaires des agents de l’Etat) = équivalant 6 167 millions USD
b) Recettes budgétaires = équivalant 8 125 millions USD
c) Engagements des Bailleurs de Fonds = 2 631 millions USD

NB : Le montant prévisionnel de recettes budgétaires équivalant 8 125 millions USD couvre les dépenses courantes prévisionnelles de l’Administration équivalant 6 167 millions USD = c’est-à-dire pas de financement de salaires sur financement extérieur, comme il fut un temps pour les salaires des maîtres d’école suppléants payés par subvention de l’UNICEF !

D’après ces projections, le « gap » entre le montant total de dépenses publiques envisagé (équivalant 14 372 millions USD) et le total estimé de recettes locales + financement extérieur (soit 8 125 + 2 631 millions USD) est de 3 616 millions USD.
(NB= montant estimatif, évalué à 3 826 millions USD dans la dernière version en date du PND).
En clair, le gouvernement devrait trouver plus de 3,6 milliards d’USD supplémentaires pour boucler le financement du PND 2015-2019, étant donné que les engagements des Bailleurs de Fonds s’élèvent au stade actuel des discussions à 2 631 millions USD sur la période 2015-2019.

En somme, pas encore de quoi financer les méga-projets de grands travaux d’infrastructures « inscrits à titre indicatif, pour être réalisés dans le cadre de Partenariat Public Privé », à l’exemple du projet de « construction de l‘Autoroute Antananarivo-Toamasina » évalué à 2,5 milliards USD !?

/ Le point sur l’avancement du PND en 2015-2016 ?/

D’après le projet de loi n° 040/2015 du 24 octobre 2015 portant loi de finances pour 2016, on peut lire dans l’exposé des motifs :
Concernant l’évolution économique en 2015, « le taux de croissance économique est révisé à la baisse par rapport aux prévisions initiales en 2015, en passant de 5,0% à 3,2%. » , notamment :
[…]Le secteur primaire affiche une croissance de 0,7% contre une prévision initiale de 2,0%. La branche « agriculture » (0,6%) a été affectée par les dégâts causés par les aléas cycloniques au premier trimestre, ainsi que la baisse continue des cours rizicoles. […] Le secteur secondaire a considérablement chuté jusqu’à 4,1% par rapport à une estimation de 11,4%. Cette contre-performance résulte, notamment, du repli continu des cours des métaux au niveau international. […] Le taux de croissance du secteur tertiaire atteint 4,2 %, contre 4,7% initialement prévu. […]
Pour Les perspectives économiques et financières en 2016, le projet de loi de finances 2016 indique : « La mise en œuvre du PND se poursuit pour l’année 2016. Toutes les actions gouvernementales dans le domaine économique et financier cadrent avec les objectifs fixés dans cette optique. Le taux de croissance pour l’année 2016 est estimé à 4,5%. Cette évolution résultera surtout d’un regain de performance dans le secteur agricole, et dans les bâtiments et travaux publics. Le secteur des services tirera alors l’essentiel de la croissance économique. Le taux d’investissement escompté pour 2016 est alors de 16,9% du PIB. Le secteur privé apportera des investissements à hauteur de 11,8% du PIB, alors que les investissements publics représenteront 5,1 % du PIB.»

En d’autres termes, l’évolution envisagée de taux de croissance de 5% en 2015, 7% en 2016 et plus de 10% à partir de 2017 est revue à la baisse avec un objectif de 4,5% en 2016.
Pour la recherche de financement, la bonne nouvelle est que Madagascar bénéficiera d’un nouveau prêt développé par la Banque Mondiale, à travers « l’IDA Turnaround Facility », enveloppe de financement destinée « aux pays les plus pauvres du monde » pour réaliser des projets d’investissements (source rfi.fr) avec un montant alloué de 690 millions US$ sur 3 ans. Bonne nouvelle toutefois assortie de conditionnalités en matière de bonne gouvernance, comme l’explique Coralie Gevers, représentante pour la Banque Mondiale à Madagascar : « La première mesure de gouvernance est que l’Etat malgache gère mieux l’argent qu’il a déjà. Comment il peut utiliser son budget pour les priorités de développement malgache. De deux : comment il peut le dépenser de façon à ce qu’il aide vraiment les gens au niveau local, pas seulement à Tana pour qu’ils voient l’impact de l’Etat chez eux… » (source rfi.fr) : affaire à suivre !

NB : voici les liens pour télécharger:

*le PND-Madagascar version 16 décembre 2014 : pnd-version-finale-16-decembre 2014

* le PMO ou Plan de Mise en Œuvre du PND 2015-2019 (version Avril 2015)
plan-de-mise-en-oeuvre-du-pnd-2015-2019

20.01.2015, réactualisé le 17 Février 2016 par Jean-Pierre Randriamampandry

Voir aussi -> socio-éco :
« Madagascar : Croissance inclusive & 22 Régions ? »
https://adygasysystemd.wordpress.com/madagascar-croissance-inclusive-22-regions/

« OMG : Vingt ans d’essais et Perspectives ? »
https://adygasysystemd.wordpress.com/omg-vingt-ans-dessais-et-perspectives/

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5 réflexions sur “MADAGASCAR PND 2015-2019 : + 10% de croissance en 2017 ?

  1. 1 commentaire de Malial Randria sur FB du 27 janvier 2015:
    merci pour le lien et justement je ne vois (et ça crève les yeux) que des programmes de dépenses, la culture de l’épargne et de la création de richesses n’existent pas et même dans la vision du PND qui se focalise sur le capital humain, en fin de compte l’objectif c’est un capital humain dont la survie est supportée par les aides. Dans les détails, il n’y a jamais eu mention de capital humain intégré dans des programmes de productivité immédiate et le tout s’apparente à une grande ligne théorique des grands bailleurs…

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  2. je ne suis pas du même avis, le capital humain combinant en un seul axe tout ce qui est social (éducation et santé) me paraît sous estimé dans ce PND. Trop orienté économie, alors que la productivité ne pourrait s’améliorer qu’avec des individus bien éduqués et en bonne santé!

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  3. Il y a un critère qui reste flou sur la formation du capital humain: »subvention de l’ENF/FRAM »
    On doit motiver les enseignants pour qu’ils aient de respect à leur occupation.
    Cette motivation doit être effectuée par la régularisation du paiement de leur subvention sinon ils profitent le FRAM d’accroitre leur rémunération.
    Si ces enseignants sont conscients la négligence,ils renfermeront des troubles de l’estimation de soi qui conduisent souvent à des recherches de surcompensation imaginaire ou mal adaptée et parfois des comportements antisociaux.
    La formation pédagogique avec indemnité de 5000ar par jour,l’insuffisance de la subvention et son retard leurs attachent d’écarter la motivation,droiture,honnêteté,compétence,efficacité,célérité,courtoisie,respect,dignité et excellence.

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