Gabon 2016 & zoom sur les scenarii post-électoraux en Afrique

Petite rétrospective sur les conflits post-électoraux récents en Afrique et leur impact en termes de croissance économique

/Ali Bongo Ondimba… futur candidat – président à vie ?/
Sur LeMonde.fr publié le mercredi 31 aout 2016 lemonde.fr au gabon ali bongo donné vainqueur , on peut lire:
« « Après quatre jours d’une longue attente, le ministre de l’intérieur gabonais a annoncé, mercredi 31 août, que le président sortant Ali Bongo Ondimba avait remporté l’élection présidentielle. Selon des résultats officiels provisoires, M. Bongo a obtenu 49,80 % des voix contre 48,23 % à son adversaire, Jean Ping, lors de l’unique tour du scrutin.
L’opposition gabonaise a aussitôt rejeté les résultats et réclamé un nouveau décompte dans la province du Haut-Ogooué, où a été signalé un taux de participation frisant les 100 %, a expliqué une porte-parole de Jean Ping. « Les Gabonais n’accepteront pas ces chiffres », a ajouté un porte-parole du candidat. »
« Jean Ping réaffirme vigoureusement, en accord avec l’Union européenne et les Etats-Unis, que le recomptage bureau par bureau devient le seul moyen de garantir désormais la loyauté du scrutin », ont indiqué son chargé de communication au Gabon, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, et son avocat à Paris, Me Eric Moutet. » »
: affaire à suivre donc, dans ce petit pays d’Afrique centrale de moins de 2 000 000 habitants (en 2016) sur environ 270.000 km², aux grandes ressources forestières et pétrolières, comme l’explique l’article du 01 Septembre 2016 de Tv5monde « France-Gabon : pétrole, intérêts et vigilance » information.tv5monde france-gabon-petrole-intérêts-et-vigilance très explicite : « […] Sur son site internet, Total Gabon précise : « Le pétrole représente aujourd’hui 51% du PIB du Gabon, 85% de ses exportations et plus de 65% de ses recettes budgétaires […] »
Pour mémoire : à relire l’article très documenté sur le processus électoral au Gabon de « synthèse et d’analyse sur la période mi-2009 au 31 décembre 2014 » de Régis Marzin en date du 02 Janvier 2015 « Gabon: du coup d’état électoral de 2009… »
Par sa validation le 23 Septembre 2016 de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, la Cour Constitutionnelle gabonaise a réussi à conforter le score du président sortant avec 50,66% des suffrages contre 47,24% à son rival JeanPing, qui dénonce dans le cas d’espèce « un déni de justice ».
Officiellement les grandes chancelleries « prennent acte » du verdict, à l’instar des Etats-Unis et de l‘Union Africaine ou de la France, poussant les protagonistes à « récuser l’action violente » et « promouvoir le dialogue politique ».
Autant de formules convenues pour signifier l’acceptation du verdict par la communauté internationale, on peut se demander à quel prix :
* pour un président -mal élu, mais il n’est pas le seul en Afrique, pourrait-on rétorquer – qui se prépare sans doute à égaler ou dépasser la longévité des 41 ans de règne d’Omar Bongo Ondimba… et même devenir « futur candidat – président à vie » ?;
*et pour les quelques 325.000 électeurs gabonais -sur 628 000 inscrits- dont le vote n’aura finalement pas pesé lourd face aux priorités géostratégiques des grandes puissances en Afrique centrale ?
* enfin, face au tout-répressif du tout-puissant président-sortant, l’opposition et la société civile gabonaises auront-elles leur mot à dire en contrepartie – faute d’avoir réussi à faire valoir « l’expression de la volonté populaire » – dans les futurs arrangements – agencés sous la conduite du nouveau Premier Ministre qui annonce la formation de son gouvernement le 02 Octobre 2016 ? – et autres « plans de sortie de crise » concoctés dans les cartons de la communauté internationale et de l’Union Africaine ??
Eléments de réponse livrés lors du message de Jean Ping à la nation gabonaise du 29 Septembre 2016 :
‘’Le jeudi 06 octobre 2016, les Gabonais des neuf provinces et de la diaspora sont invités à rester chez eux et à observer une journée de recueillement, de méditation et de réflexion.’’ ‘’ Nous demandons aux organisations humanitaires, notamment à Amnesty international, et au Procureur de la Cour Pénale internationale (CPI), de venir au Gabon pour faire toute la lumière sur les assassinats, les disparitions et les violations des droits de l’Homme qui sont perpétrés dans notre pays depuis le 31 août 2016’’. : NO COMMENT ! Article à lire sur le message de Jean Ping à la nation

/Scenarios anglophones & francophones ?/
L’histoire politique récente indique plusieurs types de scénarii post-électoraux, vécus en Afrique anglophone et francophone:
*Scénario « à la zimbabwéenne » :
source : Université de Sherbrooke : « Vers une sortie de crise au Zimbabwe » du 08 février 2009 perspective.usherbrooke.ca zimbabwe : « A la suite des élections générales du29 Mars 2008 […], Morgan Tsvangirai du MDC obtient alors une majorité relative avec 47,9% contre 43,2% des suffrages pour Mugabe. Un second tour a donc lieu le 27 juin. Mais Tsvangirai refuse d’y prendre part à cause des nombreuses exactions et violences dont ses partisans sont victimes […]. Ce qui permet au président sortant, Robert Mugabe, d’être réélu sans trop de difficultés lors d’un scrutin entaché de violences. […]. [Sous l’égide de l’UA et de la SADC] Mugabe et Tsvangirai en sont arrivés à un accord de partage de pouvoir. Selon l’accord, conclu le 15 Septembre 2008, […] Mugabe conserverait son poste de président alors que Tsvangirai deviendrait premier ministre et chef de gouvernement. […]. [nb : nos ajouts pour précisions entre crochets]
Au bilan en 2016, le scenario zimbabwéen continue de susciter les interrogations : « Après la crise économique, la crise politique ? » bfmtv.com au zimbabwe apres la crise economique la crise politique « Produits de première nécessité interdits, banques en manque de liquidités, fonctionnaires dont le salaire n’est plus versé, la colère monte contre le président Mugabe du Zimbabwe […] qui compte concourir à la présidentielle de 2018. Il aura alors 94 ans. » (Source Afp) = NO COMMENT !!!
* Scénario « à la kenyane » :
Source : « Le Kenya retrouve son calme » du 09 mars 2008 par Gabrielle Lapointe Saint-Pierre http://usherbrooke.ca / kenya: « Les tensions ont débuté lorsque le président sortant, Mwai Kibaki, fut déclaré vainqueur des élections [de Décembre 2007] déclarées franduleuses par son adversaire, Raïla Odinga . [S’en suivit une période de violents affrontements postélectoraux ethniques, en Février 2008] Avec l’aide de Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations unies (ONU), un traité de paix fut signé à Nairobi, la capitale du Kenya. Les principales clauses de l’accord permettent une coalition gouvernementale, ainsi que la création d’un poste de Premier ministre, encore inexistant au pays, qui sera représenté par l’opposition. L’autre mesure adoptée est la répartition des fonds du gouvernement en proportion de la représentation des députés en chambre. »
Source : « Élections historiques au Kenya » du 24 Septembre 2013 par Catherine Goulet-Paradis Elections kenya
« Le 04 mars 2013, la population kenyane était appelée aux urnes afin d’élire un nouveau dirigeant à la tête du pays ainsi que les membres du futur gouvernement.[…] Deux candidats se démarquaient : Raila Odinga, premier ministre depuis trois mandats, puis Uhuru Kenyatta, le vice-premier ministre. […] Un mois après le vote, les résultats, approuvés par la cour kenyane relativement à la transparence du processus, étaient connus. Uhuru Kenyatta arrive en tête avec 50,7% des suffrages et seulement 8000 voix au-dessus de la majorité absolue. »
*Scénario « à l’ivoirienne»:
Au premier tour de l’élection présidentielle du 31 Octobre 2010 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara arrivent en tête avec respectivement 38,04% et 32,07%, puis au second tour Alassane Ouattara est déclaré vainqueur avec 54,10% des voix contre 45,90% pour Laurent Gbagbo; avec un taux de participation de 81,1%. « La presse a été surprise par le fait que cette annonce ait lieu à l’Hôtel du Golf, protégé par les forces de l’ONUCI » (source : wikipedia : crise ivoirienne de 2010-2011) = résultat contesté par le Conseil Constitutionnel qui invalide certains résultats et annonce la réélection de Laurent Gbagbo avec51,45%. Les deux hommes prêtent tous les deux serment le 04 Décembre 2010, entrainant une guerre civile de plusieurs mois : « le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est arrêté par les forces de son rival et Alassane Ouattara est investi à Yamoussoukro le 21 Mai en présence de nombreux chefs d’Etat, y compris Nicolas Sarkozy. » (Source : wikipedia). = NO COMMENT !!!

/Scénarios « à la malagasy »/ :
Madagascar a vécu deux types différents de scénarios post-électoraux au cours de son histoire récente : primo, lors de la crise post-électorale de 2001-2002 entre le sortant Didier Ratsiraka et son outsider Marc Ravalomanana, puis en 2013 – entre deux « candidats de remplacement » (à savoir Hery Rajaonarimampinina soutenu par Andry Rajoelina, président de la transition et Jean-Louis Robinson, soutenu par Marc Ravalomanana, ex-président renversé lors du mouvement de masse de 2009) lors de l’élection présidentielle censée clore la période de transition de 2009 à 2013:
**Madagascar : crise post-électorale 2001-2002
Madagascar a vécu un premier conflit post-électoral en 2001-2002, suite au premier tour litigieux du 16 Décembre 2001 entre le Président sortant Didier Ratsiraka – auteur d’un «come-back » électoral en 1997… après avoir été déboulonné par une grève générale en 1991 au bout de 16 ans de « révolution socialiste » ! – et Marc Ravalomanana – leader de l’agro-industrie laitière- élu Maire de la Capitale Antananarivo en 1999.
Le journaliste Jeannot Ramambazafy résume les décomptes post-électoraux et les affrontements armés entre les deux camps – entraînant Madagascar au bord de la partition ethnique – sur son blog madagate.org : madagate.org dossier madagascar l’histoire à travers les élections presidentielles de 1959 à 2006 :
« Les candidats de décembre 2001 étaient : Didier Ratsiraka, Zafy Albert, Marc Ravalomanana, Herizo Razafimahaleo. En ce début d’année 2000, les Malgaches étaient au nombre de 15.364.000. … Les résultats proclamés par la HCC [Haute Cour Constitutionnelle] avoisinaient ceux du ministère de l’Intérieur avec un score de 46,2% pour Ravalomanana et de 40,9% pour Ratsiraka (celui-ci évoquait même 44,64% contre 40,61% d’où la nécessité d’un second tour).
Mais le comité de soutien de Ravalomanana avait estimé, qu’avec un score de 52,15% contre 35,67% pour le président sortant, leur candidat avait emporté le scrutin au premier tour. De son côté, le Consortium national pour les élections [société civile] proclamait également -mais sur la base de résultats partiels- une victoire de Ravalomanana au premier tour avec un score de 50,49% contre 37,61% pour Ratsiraka. […]
Les manifestations populaires firent leur apparition le 04 janvier 2002, avec l’appel public à contestation de Ravalomanana. Ce dernier exigea la confrontation des procès- verbaux des élections. Ces manifestations populaires amenèrent à une grève générale dans la capitale et drainèrent de plus en plus de sympathisants. Ce sera le début d’une crise politique qui allait durer six mois. […] Ravalomanana s’autoproclama Président de la République de Madagascar, le 22 février 2002, au stade de Mahamasina, en l’absence de représentants de la Communauté internationale.
Mais comme il fallait s’y attendre, le camp adverse n’allait pas abdiquer aussi facilement. Didier Ratsiraka proclama alors l’état de nécessité nationale et transféra à Toamasina le gouvernement de son Premier ministre Tantely Andrianarivo. Puis, il entama la mise en place de stratégies inqualifiables, en commençant par la mise en place de barrages antiéconomiques dans tout le pays, destinés à « étouffer » la Capitale qui dépend, de par sa situation géographique, des régions qui l’entourent. Le dynamitage des ponts reliant la ville aux autres provinces compléta l’isolement d’Antananarivo.[cf photo du pont de Fatihita dynamité sur la RN 7 – principal axe routier vers le Sud de la Grande Ile – en illustration de l’article]

La crise s’acheva avec la prise de la dernière province résistante, en l’occurrence celle de Toamasina, et la fuite de Ratsiraka vers la France, via les Seychelles, en juin 2002. » [nb : nos ajouts pour précisions entre crochets]
En Juillet 2002, la reconnaissance de la légitimité politique du président Ravalomanana de la part des Etats Unis entraîne dans son sillage celle de la France et de la majorité de la communauté internationale.
Cependant, sur le plan de la gouvernance économique, on observe que les bailleurs de fonds, emmenés par le FMI et la Banque Mondiale ont apporté un « soutien critique » au régime Ravalomanana, et ce soutien lui a été retiré en Décembre 2008 suite aux constats « d’amalgames entre gestion publique et privée ».
Ce clash diplomatique déclenchera (involontairement ?) le mouvement de contestation et de grève générale entraînant la démission forcée de Marc Ravalomanana le 17 Mars 2009
et sa passation de pouvoir – devant le corps diplomatique ! – à un directoire militaire éphémère, qui transmit le jour même le pouvoir de fait aux mains du jeune leader du mouvement de masse Andry Rajoelina … (cf. vidéo de la journée du 17 Mars 2009 par Jeannot Ramambazafy sur la journée du 17 Mars 2009 )…
**Madagascar de retour aux élections : 2010 à 2013
Le régime de Transition mené par Andry Rajoelina prend l’initiative d’organiser le 07 Novembre 2010 un referendum constitutionnel pour mettre en place la 4e République malgache, sans l’aval de la communauté internationale qui soutient l’application des accords de Maputo, prévoyant un partage de pouvoir entre ex-présidents et autorités de transition Accords Maputo pdf : la nouvelle Constitution – Constitution 4e république malgache pdf – est adoptée à 74% avec un taux de participation de 52% soit 3.582.554 suffrages exprimés.
Le retour-surprise en Octobre 2014 de Marc Ravalomanana – en exil en Afrique du Sud depuis sa démission forcée en Mars 2009 – relance l’application des accords de Maputo (son retour faisant partie des clauses de l’accord au nom de la « réconciliation nationale ») et le débat sur l’organisation de la prochaine présidentielle, point d’orgue du processus de « sortie de crise malgache » encadré par la communauté internationale: il faut attendre le mois d’Aout 2013 pour que, sous la pression internationale, la cour électorale malgache décide de suspendre trois candidatures problématiques à la présidentielle, à savoir Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana (épouse du président déchu Marc Ravalomanana) et Didier Ratsiraka. cf. courrierinternational présidentielle madagascar
Le premier tour de la présidentielle a lieu le 25 Octobre 2013, convoquant 7.823.305 électeurs pour choisir entre 33 candidats alignés sur un bulletin unique – innovation dans le mode d’opération électoral à Madagascar – sous la supervision d’observateurs internationaux.
A l’issue du deuxième tour du 20 Décembre 2013, le candidat Hery Rajaonarimampianina est proclamé élu Président de la République de Madagascar par arrêt de la Cour Electorale Spéciale du 17 janvier 2014 avec 2.060.124 voix soit 53,49% (ayant été crédité auparavant de 721.206 voix, en seconde position au premier tour) face à Jean-Louis Robinson – opposition – crédité de 1.791.336 voix soit 46,51% (en pole position au premier tour avec 955.534 voix).
Le candidat Jean-Louis Robinson conteste dans un premier temps les résultats du deuxième tour mais renonce à rééditer le forcing post-électoral du candidat Marc Ravalomanana en 2002.
Pour la petite histoire : après son renoncement historique, Jean-Louis Robinson n’abandonne pas la politique pour autant car il est élu le 31 Juillet 2015 maire de la commune rurale d’Ampasikely, dans sa région d’origine d’Alaotra Mangoro…

/Gouvernance, démocratie & croissance économique ?/
De ces différents cas spécifiques en Afrique, on peut tirer quelques points communs ou facteurs clés :
* En premier lieu, le manque de confiance dans l’Etat de droit est la principale source de conflits, particulièrement lorsque le citoyen lambda ressent ou constate de visu des abus du pouvoir en place (ces abus étant souvent « invisibles » pour les observateurs internationaux !) ;
* A partir du moment où la confiance dans l’Etat de droit est établie en matière électorale – principalement du fait de la présence d’ observateurs ou délégués des différents partis en lice au niveau des commissions et comités électoraux locaux – le fait d’avoir des scores rapprochés –entre 1% à 10% des suffrages exprimés entre les 2 premiers candidats en tête du premier tour d’une présidentielle – constitue une certaine évolution, sinon une évolution certaine par rapport aux scores fleuves vus dans le passé en Afrique et à Madagascar : à preuve, « Le 30 janvier 1972, Tsiranana est réélu pour la troisième -et dernière- fois. […]Le taux de participation officiel était de 98,8% et Tsiranana fut réélu sans adversaire avec 99,72% des suffrages exprimés ! […]Or, quatre mois après son élection à 99,72%, Dadabe [ grand-père] Tsiranana est jeté hors du pouvoir par le mouvement estudiantin du 13 mai 1972 » (source madagate.org) ;
* Enfin, ces différents scénarios démontrent la corrélation entre gouvernance post-électorale et relance économique :
NB : les taux de croissance par an indiqués pour chaque pays sont issus des séries statistiques de l’Université de Sherbrooke (Canada) : disponibles sur le site http://perspective.usherbrooke.ca/:
** Dans le premier cas du Zimbabwe, on constate que le traitement par le partage de pouvoir (« power sharing ») n’a pas apporté les résultats escomptés, avec des taux de croissance très irréguliers: 2007= -3,65%, 2008=-17,67%, 2009=+5,98%, 2014= +3,85%, 2015= 1,07% ;
** Dans le cas du Kenya : Après avoir traversé un contexte politique difficile, l’économie kényane réalise des taux de croissance autour de 5% par an – en deçà des prévisions escomptées de croissance à 2 chiffres ? – expliqué par la baisse des activités du tourisme souffrant du climat d’insécurité, face à la menace des groupes terroristes basés en Somalie ; les taux de croissance économique du Kenya chutent en 2008 avant un rebond (8,40% en 2010) puis une stabilisation autour de 5% par an : 2007= 6,85%, 2008= 0,23%, 2014= 5,33%, 2015= 5,65% ;
** Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la procédure de jugement de l’ex-président Gbagbo à l’issue de la guerre civile post-électorale a impacté sur la relance économique, constatée de visu par les visiteurs malagasy de passage souvent impressionnés par le « miracle de la reconstruction » d’Abidjan, capitale ivoirienne ! La tendance à la relance est manifeste en termes de taux de croissance économique : 2009= 3,25%, 2010= 2,02%, 2014= 8,55%, 2015= 8,44%,
** Dans le scénario « à la malagasy (ady gasy) » : au-delà des discours incantatoires de la communauté internationale sur le « retour à l’ordre constitutionnel », les observateurs économiques s’accordent à reconnaître les retards du processus de relance économique, tandis que les partenaires techniques (notamment les ONG et programmes projets environnementaux, syndicats ou associations de défense des droits de l’homme, etc) et citoyens lambda sont encore en attente de gestes forts du régime de Hery Rajaonarimampianina – sur des sujets sensibles comme les trafics de ressources naturelles ininterrompus (notamment sur l’affaire d’exportation illicite de bois de rose, et les sorties d’or illicite en grande quantités vers notamment Dubaï et l’Asie) et la priorité « écrasante » donnée aux IDE (Investissements Directs Etrangers) avec accaparement de terres sous couvert de bail pluri-décennal (jusqu’à 40 ou 50 ans !) sans contrepartie tangible pour les populations rurales dans les localités concernées : cf. par exemple le cas de Soamahamanina – paisible village des Hautes terres malagasy entré en résistance depuis l’arrivée d’une entreprise chinoise d’exploitation minière « légale » et l’appui « manu militari » des forces de l’ordre malagasy pour expulser les autochtones de leur terre ancestrale « au nom de la loi » ! – cf rfi.fr une societe miniere chinoise cree polemique-à soamahamanina
Les taux de croissance économique malagasy subissent les impacts des crises politiques récurrentes en 2001-2002, 2008-2009, puis à partir de 2013 une sortie de crise qu’on pourrait qualifier de« passable à médiocre » sur le plan économique, avec des taux insuffisants pour enrayer la spirale de la pauvreté des Malagasy (vivant à plus de 70% en-dessous du seuil de pauvreté avec un niveau de revenu monétaire estimé à 440 USD par habitant et par an en 2014, d’après les chiffres des Nations Unies) : 2001= 6,02%, 2002= -12,67%, 2008= 7,13%, 2009= 0,26%, 2013= 2,26%, 2014= 3,13%, 2015=3,02%

/Méfions-nous de l’eau qui dort !/
En attendant les effets tangibles des discours des gouvernants et des bailleurs de fonds sur « la restauration de l’Etat de droit et les bénéfices de la libéralisation économique» sur les porte-monnaie des ménages : Rendez-vous donc pour les prochains scrutins présidentiels, législatifs et municipaux en Afrique, pour peu que les citoyens africains et malagasy lambda se réveillent de leur léthargie séculaire… Moralité= « méfions-nous de l’eau qui dort »(et des caïmans qui s’y cachent éventuellement) comme dit le dicton ??

Ce 1er Octobre 2016, par Jean-Pierre RANDRIAMAMPANDRY

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