rakoto frah - malagasy musician

Madagascar : Rakotofrah le maître de la flûte « sodina »

Rétrospective, références biblio & discographiques du légendaire joueur de « sodina » – flûte malagasy- RakotoFrah, dont la musique reste un symbole parmi les styles musicaux « ady gasy » & « hira gasy », typiquement malagasy…

/Sodina : flûte malagasy/
’La « sodina » de Madagascar est une flûte droite à embouchure terminale à six trous équidistants, de longueur variant de 18 à 50 cm, fabriquée en bambou ou en bois léger (balsa) ou même en plastique.
Les recherches ethnomusicologiques et linguistiques montrent que la sodina est d’origine austronésienne, son équivalent indonésien contemporain étant la flûte suling. plus d ‘informations et références discographiques sur Wikipedia wikipedia « Sodina »
/Du « hira gasy » au « vako-jazz » /
Au départ, Rakoto Frah est un pur produit de l’école du « hira gasy » (littéralement « hira »= chanson , « gasy »= malagasy) ou « vako-drazana » (littéralement « vakoka »= musique/ culture , des « razana »= ancêtres) des hautes terres malagasy – orchestre acoustique de flûtes ou violons, accordéons et tambours malagasy accompagnant des chorégraphies en tenues d’apparat et des chœurs d’hommes et femmes, ponctué de figures acrobatiques d’hommes et garçonnets (la relève !), transmettant avec humour des messages de la sagesse et de la vie quotidienne des Malagasy. Ainsi , Rakoto Frah a commencé à jouer dans des troupes de « hira gasy » dès l’âge de 10 ans. (source : wikipedia « Rakoto_Frah » ).
Le génie instrumental de Rakoto Frah était de pouvoir s’adapter à tous les genres musicaux (cf biographie infra), allant jusqu’au style « vako-jazz » – mariage du style « vakoka » ou « hira gasy » avec des arrangements jazz – inventé par les jeunes musiciens malagasy dans les années 1980 , aux côtés notamment du groupe de fusion Tritra emmené par le regretté multi-instrumentiste bassiste et compositeur Töty. (cf notamment « Décès de Tôty » madagascar-tribune.com « Tôty » )

/Rakoto Frah : biographie d’une légende/
Rien à ajouter à l’épitaphe exemplaire produite en 2007 par Afrisson.com :
« Rakoto Frah s’est éteint à Tananarive le 3 Octobre 2001. Né en 1923 , ce fils d’un chanteur de la Cour royale merina était respecté dans le monde entier pour son immense talent de flûtiste et ses qualités humaines. Ornette Coleman disait de lui qu’il possédait un des plus beaux phrasés du monde. Ian Anderson, flûtiste et leader de Jethro Tull, le citait comme sa référence majeure. En 1997, la réalisatrice Camille Marchand lui avait même consacré un documentaire. Ce maître incontesté de la sodina depuis plus de soixante ans, a fait souffler sur le monde un sacré vent de malice. Son plus grand mérite a été sans nul doute de maintenir en vie pendant la période coloniale puis de réhabiliter à l’indépendance cet instrument majeur de l’île rouge. Son phrasé aérien, élégant, très dépouillé et d’une extrême pureté s’imposera dans tous les styles de la Grande Ile et lui vaudra de nombreuses sollicitations internationales. Il jouera notamment avec Manu Dibango, le groupe sud-africain Ladysmith Black Mambazo, les jazzmen David Lindley et Henry Keiser. Ce musicien devenu un artiste de légende – son portrait s’affichait sur les billets de mille francs malgaches – avait enregistré quatre albums personnels dont Flute Master of Madagascar (1988, Globestyle), Souffles de Vie produit par le label Musikela de Solo Razaf (1998), Chants et Danses en Imerina (Arion, 2000) et The art of Rakoto Frah & Randafison Sylvestre produit au Japon (JVC, 1989). »
par Afrisson 7 mai 2007 – © Afrisson / source : Rakoto Frah – Madagascar | cd mp3 concert biographie news | Afrisson / http://www.afrisson.com/Rakoto-Frah-379.html
L’aura et la carrière mondiale du maître musicien Rakoto Frah a suscité diverses références de valeur bibliographique sur le Net, notamment :
* une biographie, bibliographie & discographie complète de Rakoto Frah sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rakoto_Frah
* sans oublier le titre culte « ö Rakoto» écrit en hommage à Rakotofrah de son vivant par Erick Manana, héritier du folk song malagasy et du « bà gasy» – style de jeu de guitare utilisant notamment les accords en open tuning- cf Erick Manana & Rakoto Frah – Ô Rakoto ô! live – Video Dailymotion
dailymotion _erick-manana & rakoto-frah

/Rakoto-Frah-Junior : la relève assurée/
Encore une fois, pas une ligne à ajouter à l’article publié par Nocomment en 2013 : sur l’héritage légué par « Dadakoto » : cf nocomment.mg rakoto-frah-junior : « Rakoto Frah Junior: au nom du père » publié le 4 mars 2013 par Alain GYRE
« Douze ans après la mort de Rakoto Frah, ses descendants n’en finissent pas de relayer la mémoire de celui qui reste plus grand musicien malgache du XXe siècle. L’homme qui a fait entrer la « sodina », la flûte de bambou des Hautes Terres, dans les musiques du monde. Rien que ça !
Vaillent que vaillent les années, Dadakoto est toujours là. C’est le surnom affectueux que lui donnaient ses petits-enfants qu’on retrouve aujourd’hui dans Rakoto Frah Junior. Une formation qui se donne pour mission de transmettre l’immense héritage de celui qui fut et reste le plus grand flûtiste et compositeur malgache de tous les temps : plus de 500 chansons originales, pas loin de 800 si l’on compte les adaptations !
C’est ainsi. Douze ans après sa disparition, Rakoto Frah, de son vrai nom Philibert Rabezoza Rakoto (1923-2001), reste une légende. Le seul artiste malgache à avoir figuré sur des billets de banque (de 100 ariary) dans les années 80 ! Le premier aussi à s’être produit à l’étranger où il impose l’art de la sodina, la flûte de bambou traditionnelle qui depuis des siècles rythme le vakodrazana, la musique populaire des Hautes Terres. Un talent unanimement salué, aussi bien par le saxophoniste Ornette Coleman, à une époque où le jazz découvrait les musiques du monde (John Coltrane, Pharaoh Sanders), que par Ian Anderson, le flûtiste et leader du groupe de rock Jethro Tull, qui le cite comme sa référence majeure. Sans parler de ses prestations aux côtés de Paul Simon et de Manu Dibango ! Pas mal pour un petit campagnard qui n’a jamais mis les pieds à l’école, jamais lu une partition, tout appris à l’oreille en jouant dans les famadiahana et les circoncisions depuis l’âge de 10 ans !
« Dadakoto était conscient de la place qu’il occupait dans la musique malgache. Il nous a formés, nous ses petits-fils, pour qu’on prenne sa relève, et c’est comme ça que Rakoto Frah Junior s’est naturellement constitué le lendemain de sa mort », commente Patrice, lui-même flûtiste et chef de la troupe. « Parfois il s’énervait, il nous frappait avec sa sodina quand il voyait qu’on n’apprenait pas assez vite. On lui en sait gré, aujourd’hui même les étrangers s’intéressent à notre vakodrazana. » La musique de Rakoto Frah fait toujours recette. Elle signe quasiment le pays. C’est pourquoi le guitariste Erick Manana, à l’époque de Feo Gasy, n’hésitera pas à faire appel au vieux maître pour accoucher de ce pur chef d’oeuvre qu’est l’album Tsofy Rano (1996).cf .afrisson.com album « Tsofy-Rano »
Pour autant, Rakoto Frah Junior ne se contente pas de refaire à l’identique du Rakoto Frah. À la sodina et aux aponga (tambours) traditionnels s’ajoutent des instruments plus modernes comme la basse acoustique. Sans parler de l’introduction sur scène de danseuses traditionnelles (dihy gasy). « Toute chose qui aurait sans doute scandalisé Dadakoto mais que nous assumons, car il faut savoir évoluer tout en préservant l’esprit », estime Patrice. Depuis 12 ans, le groupe tourne essentiellement en Europe afin d’honorer les contrats souscrits par Rakoto Frah. « Quand on hérite des biens d’une personne, on hérite aussi de ses engagements », soupire Patrice. Ce sont autant d’occasions manquées pour le public malgache qui n’aura droit cette année qu’à deux ou trois concerts de Rakoto Fr ah Junior. Raison de plus de ne pas les rater.
/ Rakoto Frah Junior : +261 33 12 029 69 /
Propos recueillis par Solofo Ranaivo/ (article publié dans no comment magazine n°37 – Fevrier 2013 ©no comment éditions)
Malgré sa renommée artistique mondiale, Rakoto Frah n’avait jamais quitté sa demeure installée à Isotry, quartier pauvre de la ville basse d’Antananarivo : en 2016, à l’occasion du 15e anniversaire du groupe Rakoto Frah Junior, une rue a été baptisée à son nom, en souvenir de son attachement à la culture et ses racines populaires.
En somme , le son reconnaissable de la « sodina » de Rakoto Frah est toujours vivace, grâce au flambeau légué par Dadakoto à ses descendants…et à la magie de la technologie du troisième millénaire = à revoir et réécouter sans modération !

Ce 05 Février 2017 par Jean-Pierre Randriamampandry

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